qui saurai me donner une base d’étude ou une problématique pour faire une analyse linéaire de cette fable

La Fontaine Le Rieur et les Poissons

On cherche les rieurs, et moi je les évite.

Cet art veut, sur tout autre, un suprême mérite :

Dieu ne créa que pour les sots

Les méchants diseurs de bons mots.

J’en vais peut-être en une fable

Introduire un ; peut-être aussi

Que quelqu’un trouvera que j’aurai réussi.

Un rieur étoit à la table

D’un financier, et n’avoit en son coin

Que de petits poissons ; tous les gros étoient loin.

Il prend donc les menus, puis leur parle à l’oreille :

Et puis il feint, à la pareille,

D’écouter leur réponse. On demeura surpris :

Cela suspendit les esprits.

Le rieur alors, d’un ton sage,

Dit qu’il craignoit qu’un sien ami,

Pour les grandes Indes parti,

N’eût depuis un an fait naufrage.

Il s’en informoit donc à ce menu fretin :

Mais tous lui répondoient qu’ils n’étoient pas d’un âge

À savoir au vrai son destin ;

Les gros en sauroient davantage.

N’en puis-je donc, Messieurs, un gros interroger ?

De dire si la compagnie

Prit goût à sa plaisanterie,

J’en doute; mais enfin, il les sut engager

A lui servir d’un monstre assez vieux pour lui dire

Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus

Qui n’en étaient pas revenus,

Et que depuis cent ans, sous l’abîme avaient vus

Les anciens du vaste empire.

3 Answers

  • 1) moi je partirais du « je » – rare dans les fables de la fontaine ; très présent ici et qui le désigne, lui, explicitement :

    – « On cherche les rieurs, et moi je les évite.

    Cet art veut, sur tout autre, un suprême mérite :

    Dieu ne créa que pour les sots

    Les méchants diseurs de bons mots.

    J’en vais peut-être en une fable

    Introduire un ; peut-être aussi

    Que quelqu’un trouvera que j’aurai réussi. » –

    du ton « personnel », presque intimiste de cette fable

    qq chose comme un moment de faiblesse,

    amertume, lassitude, marre de la comédie du monde, marre d’amuser le monde, de faire le « diseur de bons mots », mais il va qd même continuer

    et il continue : changement de registre ; changement de tonalité, changement de genre ;

    la fontaine s’exécute : il raconte une nouvelle fable : le « je » disparaît devant un tx à la 3 ème personne – moins personnel ; « impersonnel » en qq sorte – et qui reprend – comme attendu – tous les codes de la fable jusqu’à « N’en puis-je donc, Messieurs, un gros interroger ? »

    la fontaine est redevenu le « méchant diseur » de bons mots :  » Un rieur étoit à la table… »

    il fait – il a fait – ce qu’on attendait de lui : raconter une histoire – mais il n’est pas pour autant sa propre dupe : « De dire si la compagnie

    Prit goût à sa plaisanterie,

    J’en doute »

    2) … et dans le même temps, je me servirais des différents paradoxes et morales du poème pour montrer les « hésitations », les errances, le manque d’envie de jouer encore au même jeu de la fontaine ; pour montrer comment il renâcle à arriver là où on l’attend

    ds les fables « ordinaires », il y a une morale et elle est clairement dite ;

    « Dieu ne créa que pour les sots

    Les méchants diseurs de bons mots. » :

    c’est la morale « clairement dite  » que le récit qui suit est censé illustrer ; ce qu’il fait jusqu »à « il les sut engager A lui servir d’un monstre « 

    sauf qu’à partir de « assez vieux pour lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus… » jusqu’à la fin, la fontaine s’enfuit par là où on ne l’attendait pas : du côté des morts, des espoirs vains, de l’accumulation de tous les macchabées de l’histoire, et son histoire de rieur n’a plus rien de drôle

    c’est la deuxième morale – la sienne – pas clairement dite – mais qu’on comprend bien qd même :

    « Vous riiez, j’en suis fort aise ?

    Eh bien pleurez maintenant. »

    c’est bien ça, finalement, un « méchant » rieur, non ?

    PS Sinon – plus simplement – on peut construire l’étude du poème sur l’oppositon des 2 tonalités du texte

  • Je ne donne jamais de preuves d’amour. Je l’aime au quotidien, je ne le prend pas pour acquis et je mets du piquant, de l’imprévu et délicates attentions dans nos moments présents. 🙂

  • Débrouille toi toute seule ce n’est pas en demandant ta réponse sur le net, et que l’on va te faire ton boulot que tu apprendras quelque chose en cours, non mais dit donc…

    HaydeeLee

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