Qu’est-ce qu’un Herault d’arme du roi?

-en quoi consistait cette charge?

-comment état on nommé? ( fait du prince, charge héréditaire…)

-avait on un costume particulier?

-charge lucrative? des privilèges particuliers?

-des ouvrages sur ce sujet?

je vous remercie pour vos reponses

@tous: merci pour vos réponses très riches et très complètes! un grand plaisir de vous lire! je vais essayer de trouver le livre de Parry et me renseigner sur Maurice Keen…

MERCI!!

3 Answers

  • Pour les grands seigneurs, le rôle de l’écuyer prend progressivement une dimension diplomatique, et se spécialise dans la fonction de héraut. Désarmés, sans valeur de rançon, ils bénéficient d’une immunité diplomatique avant la lettre, et peuvent se déplacer librement pour assurer leur mission, y compris dans les camps et pays ennemis. Ils sont par conséquent tenus à une impartialité et une discrétion strictes. L’activité des hérauts est régie par tout un code de droits et d’obligations.

    Les hérauts d’armes portent une tunique, le tabar, qui les rend immédiatement identifiables. Elle est épaisse et descend jusqu’aux genoux, armoriée aux armes de leur seigneur devant, derrière, et sur les manches. C’est un vêtement qui indique que son porteur bénéficie des privilèges d’immunité des hérauts. Le tabar transforme le héraut en symbole vivant des armes et de l’honneur de son seigneur.

    Au Moyen Âge, le héraut devient un officier public au service d’un prince ou d’un seigneur. Dans le déroulement de la guerre, il est chargé de porter les déclarations de guerre, les sommations. Pour les chevaliers qui participent à une mêlée (que ce soit bataille ou tournoi), il peut recevoir des testaments ou des dépôts sacrés, et il assure de dignes funérailles en cas de besoin. Son rôle s’étend finalement sur tout ce qui a trait à l’honneur : il reconnaît les armes nobles et surveille les blasons, il règle les cérémonies et les jeux et témoigne des actes de valeur.

    Dans les tournois et joutes, les hérauts annonçaient le chevalier en énonçant son blason, c’est-à-dire la description des figures couvrant son bouclier, avant de nommer son titulaire. Cette pratique est à l’origine de la langue héraldique, à l’origine naturelle et comprise de tout le public. C’est cette pratique qui fonde et stabilise l’héraldique.

    * D’une part, elle fixe le lien entre un titulaire et ses armes, ce qui impose comme première règle de ne pas prendre les armes portées par autrui.

    * D’autre part, elle implique l’équivalence héraldique entre la représentation graphique (armoriée) et la description orale (le blason), qui n’en retient que les éléments significatifs.

    À partir du XIVe siècle, les hérauts sont devenus les spécialistes de l’héraldique, ou science des armoiries et blasons. Ils en codifient la composition et la description, en formulant notamment les règles du blason, voyagent et établissent des armoriaux pour peindre et retenir celles qu’ils rencontrent.

  • Les armes que l’on voit et qui representaient un chevalier ont ete elabore pour permettre de reconnaitre celui-ci sur les terrains des batailles ou des tournois. Au depart relativement simples, les blasons se sont modifies, codifies et multiplies, ce qui rendait toute identification un exercisse d’expertise.

    D’ou le besoin d’interpretes: souvent clercs dont la connaissances des faits d’armes etait reconnu, les herauts etaient des encyclopedies vivantes.

    Ils reconnaissaient le vrai du faux (beaucoup de familles enrichies, surtout a la fin du Moyen Age aspiraient a l’ennoblissement) et associaient toute une lignee et ses evenements marquants a un blason armorie.

    Au depart, le blason etait surtout le moyen de rester vivant durant une bataille, en effet un chevalier avait une valeur marchande importante en fonction de son etat, et des rancons faramineuses etaient exigees, aussi bien a la guerre qu’au tournoi.

    Au tournoi, il y avait des regles strictes et on essayait d’y limiter l’acces. Ainsi il fallait etre noble depuis 4 generations des 2 cotes (une des regles) pour participer.

    Tu comprends alors le besoin d’etre reconnu et admis, et en meme temps, celui de pouvoir identifier les participants et adversaires (plus le chevalier est repute, plus son prix ou celui de son cheval – est important).

    Herault etait au depart le fait de conteurs, mais avec la codification de l’heraldique et sa proliferation, ce fut un metier de clerc hautement specialise.

    Maurice Keen est un specialiste et il a fait de nombreux articles sur la question.

  • Rien à rajouter sur les excellentes définitions données ci dessus.

    La dernière fois qu’un hérault d’armes a officié en France, c’est Gratiollet, hérault d’armes de Louis XIII, que ce dernier envoya en Belgique porter au roi d’Espagne la déclaration de guerre de la France, le 20 mai 1635.

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