« La lucidité est la blessure la plus proche du soleil »?

Comment interpretez vous cet aphorisme de René Char?

Mais non Li-lou, ta reponse ne me parait pas superficielle, spontanée et assez juste même.

lily-lou, pardon, j’ai écorché ton pseudo en plus.

7 Answers

  • Je note cette phrase que je trouve très belle, pour y réfléchir mieux à un autre moment !

    En tous cas, spontanément, je la trouve très juste. La lucidité est à la fois une « lumière » mais aussi une douleur. Etre lucide, ça peut être enthousiasmant parce qu’on « voit » très clairement les choses, mais c’est aussi terrible parce qu’il n’y a pas de retour en arrière. Quand on a vu quelque chose avec l’éclairage de la lucidité, on ne peut plus se voiler les yeux et faire comme si on ne savait pas, retomber dans le confort de l’ignorance/innocence. Et ça, ça peut être une blessure impossible à guérir.

    Excuse si ma réponse est plutôt superficielle, mais je n’ai pas pu m’empêcher de réagir à une phrase qui « m’interpelle » autant !

  • Parce que… plus près que ça, on cuit!!!

  • Comme le soleil, la lucidité fait tout voir, en effet. Elle nous fait voir la réalité dans son plus simple appareil … belle ou moins belle … apaisante, exaltante, blessante, accablante ou mortelle. Nous regardons … mais que voyons-nous au juste ? Regarder, c’est comprendre, c’est prendre conscience de notre environnement, c’est réaliser, distinguer le vrai de ses imitations … c’est découvrir l’univers comme un enfant qui naît à la vie. Alors, estimons-nous heureux d’avoir un tant soit peu de lucidité, car sans elle nous serions tels des bisounours, vivant dans un univers bleu tendre ou rose, édulcoré et factice … nous ne serions que des simulacres d’humains, nous ne serions que des pantins sans esprit ni âme, et dénués de sens, nous serions comme ces peluches, des doudous malléables et doux, juste bons à être manipulés, triturés et pelotés tant et plus.

    L’homme moderne a besoin de confort, de réconfort, et se laisse bercer d’illusions … il préfère fermer les yeux, pour ne voir de la réalité que ce qui l’arrange … ou une réalité qu’on lui fait miroiter. Sans lucidité, nous errerions dans un monde contrefait, irréel, que nous peindrions avec nos fantasmes et nos rêves, pour assouvir des besoins créés de toute pièce … par qui ? Par nous-mêmes, puisque nous refusons de voir la réalité telle qu’elle est. La vie est un tout … la réalité est un tout … complexes et riches en couleurs … laissons donc la lucidité nous accompagner. Moi, je suis de cet avis. Vivons la vie, non une pseudo vie.

  • C’est une très belle phrase en effet. Mais elle est profondément pessimiste. Si on réduit la lucidité à une blessure, cela signifie que la réalité est difficile à regarder en face et à vivre. Je vois plutôt la lucidité comme l’affirmation de notre libre-arbitre. On peut peut-être vivre heureux dans l’ignorance engendrée par nos illusions , mais on n’y est pas maître de ses choix. A choisir, je préfère affronter la vie et ses obstacles en connaissance de cause plutôt qu’en les évitant. Car que nous soyons lucides ou pas, nos difficultés et nos problèmes trouvent toujours le moyen de nous ratttraper. Et être lucide, c’est aussi savoir se préparer pour ces moments difficiles, en acceptant qu’ils existent et en croyant en notre capacité à les vaincre et à les dépasser.

  • voir des vérités en pleine lumière vous laisse meurtri à vie!

  • La lucidité éclaire l’intellect tout comme le soleil éclaire le monde, mais la lucidité fait souvent mal car voir les choses telles quelles sont au lieu de les voir comme on voudrait qu’elles soient peut être insupportable

  • oui. Merci René!

    La lucidité brûle, elle forme des cloques. Elle éblouit, elle vous laisse tout sec dans l’attente d’une petite pluie…

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